Grammaire, conjugaison : les mĂ©thodes qui marchent vraiment đ”
Un Ă©lĂšve peut rĂ©citer parfaitement une conjugaison⊠puis hĂ©siter au moment de lâutiliser. La bonne nouvelle, câest que la grammaire et la conjugaison ne sont pas seulement des listes d'exceptions Ă apprendre par cĆur : ce sont des systĂšmes cohĂ©rents et rĂ©guliers que lâon peut observer, comprendre et apprivoiser. đ Voici les mĂ©thodes que nous aimons utiliser chez Cours des Possibles pour faire Ă©merger ces petits dĂ©clics qui changent tout. đ
MĂTHODEAPPRENTISSAGE
Mathilde
8/20/202613 min lire


Votre enfant connaĂźt ses rĂšgles de grammaire ou ses tables de conjugaison, mais peine Ă les appliquer ? DĂ©couvrez 10 mĂ©thodes concrĂštes pour lâaider Ă comprendre les rĂ©gularitĂ©s de la langue française, mĂ©moriser durablement et utiliser ses connaissances dans de vraies phrases.
1. LâĂ©lĂšve sait-il utiliser la rĂšgle en contexte ?
Prenons un exemple. Un élÚve sait réciter : « Je chante, tu chantes, il chante, nous chantons, vous chantez, ils chantent. » Pourtant, dans la phrase « Les choristes chantent sur scÚne », il écrit parfois « chante ».
Ce nâest pas nĂ©cessairement parce quâil nâa pas appris son tableau. Ăcrire la bonne forme verbale lui demande dâeffectuer plusieurs opĂ©rations mentales successives : repĂ©rer le verbe, identifier son sujet, comprendre que « les choristes » peut ĂȘtre remplacĂ© par « ils », retrouver la terminaison correspondante, penser Ă lâĂ©crire, mĂȘme si le « -ent » ne sâentend pas.
ConnaĂźtre le tableau constitue donc une partie seulement de lâapprentissage.
đĄ Astuce Cours des Possibles : plutĂŽt que de demander Ă votre enfant « Est-ce que tu connais ta rĂšgle ? », proposez-lui plutĂŽt de lâutiliser dans une vraie phrase. On voit alors beaucoup plus facilement ce qui est acquis et ce qui reste Ă travailler.
Pour maĂźtriser rĂ©ellement une notion, lâĂ©lĂšve doit progressivement ĂȘtre capable de : reconnaĂźtre la rĂšgle, la retrouver sans regarder sa leçon, lâappliquer dans un exercice, lâutiliser dans une phrase nouvelle, repĂ©rer et corriger certaines de ses erreurs.
Lorsquâun Ă©lĂšve rĂ©ussit enfin Ă faire seul le lien entre le sujet et la terminaison, mĂȘme sur une seule phrase, câest dĂ©jĂ une vraie victoire ! đŻ
2. Insister sur les régularités plutÎt que sur les exceptions
Le français est souvent prĂ©sentĂ© comme une langue remplie de piĂšges, dâexceptions et de cas particuliers.
Ă force dâentendre « Attention, ça ne marche pas toujours ! », certains Ă©lĂšves finissent par penser quâil nâexiste aucune logique et que tout doit ĂȘtre appris par cĆur.
Pourtant, la langue française est dâabord organisĂ©e autour de nombreuses rĂ©gularitĂ©s. Les repĂ©rer permet de rĂ©duire considĂ©rablement la quantitĂ© dâinformations Ă mĂ©moriser.
Les programmes scolaires actuels insistent dâailleurs sur ce point. Au cycle 3, la conjugaison doit ĂȘtre comprise Ă travers ses principes et ses rĂ©gularitĂ©s. Les accords sont eux aussi Ă©tudiĂ©s dâabord dans leur fonctionnement le plus rĂ©gulier, avant dâaborder les cas plus particuliers. Le programme du cycle 4 poursuit ce travail en demandant aux Ă©lĂšves de dĂ©velopper une comprĂ©hension cohĂ©rente du systĂšme de la langue.
En conjugaison, chercher ce qui revient dâun verbe Ă lâautre
Prenons les verbes « chanter », « finir », « prendre » et « venir » :
nous chantons, nous finissons, nous prenons, nous venons ;
vous chantez, vous finissez, vous prenez, vous venez ;
ils chantent, ils finissent, ils prennent, ils viennent.
La base du verbe change, mais certaines marques reviennent :
-ons avec « nous » ;
-ez avec « vous » ;
-nt avec « ils » ou « elles ».
Ces rĂ©gularitĂ©s ne permettent pas de conjuguer immĂ©diatement tous les verbes Ă tous les temps. Mais elles offrent Ă lâĂ©lĂšve des repĂšres solides sur lesquels il pourra sâappuyer.
Certains temps sont particuliĂšrement rĂ©guliers. Ă lâimparfait, les terminaisons sont les mĂȘmes pour tous les verbes :
-ais ;
-ais ;
-ait ;
-ions ;
-iez ;
-aient.
MĂȘme le verbe « ĂȘtre », qui change de base avec « Ă©t- », conserve ces terminaisons : jâĂ©tais, nous Ă©tions, elles Ă©taient.
Au futur, la présence du r constitue également un repÚre trÚs utile : je chanterai, nous finirons, vous prendrez, ils viendront.
LâĂ©lĂšve dĂ©couvre ainsi que la conjugaison ne consiste pas uniquement Ă apprendre des dizaines de tableaux indĂ©pendants. Il peut progressivement comprendre comment une forme verbale se construit :
âĄïž une base verbale + une marque du temps + une marque de la personne.
Les ressources pĂ©dagogiques dâĂduscol recommandent prĂ©cisĂ©ment de mettre en Ă©vidence ces rĂ©gularitĂ©s et de dĂ©composer les verbes afin de faciliter leur comprĂ©hension, leur mĂ©morisation et leur automatisation.
Et les exceptions, alors ?
Se concentrer sur les régularités ne signifie évidemment pas faire disparaßtre les exceptions.
Les verbes « ĂȘtre », « avoir », « aller » ou « faire », par exemple, doivent faire lâobjet dâun apprentissage spĂ©cifique. Ils sont trĂšs frĂ©quents et leurs formes ne peuvent pas toujours ĂȘtre retrouvĂ©es en appliquant une rĂšgle simple.
Mais il est beaucoup plus facile de comprendre une exception lorsque la rÚgle générale est déjà claire.
Nous recommandons donc de procéder dans cet ordre :
découvrir le fonctionnement le plus fréquent ;
sâentraĂźner jusquâĂ ce quâil devienne familier ;
introduire progressivement les cas particuliers ;
regrouper les exceptions qui se ressemblent.
đĄ Astuce Cours des Possibles : sur une fiche de conjugaison, donnez beaucoup de place Ă la rĂ©gularitĂ© principale et rassemblez les quelques exceptions utiles dans un petit encadrĂ© sĂ©parĂ©. Lâexception ne doit pas masquer tout ce qui fonctionne rĂ©guliĂšrement !
3. Faire observer la langue avant de donner la rĂšgle
Pour comprendre une régularité, il est souvent utile de commencer par observer plusieurs exemples.
On peut proposer Ă lâenfant les phrases suivantes :
Tu chantes dans la chorale.
Tu finis ton exercice.
Tu prends ton manteau.
Tu viens avec nous.
Puis lui poser quelques questions :
Quel est le sujet de chaque verbe ?
Que remarques-tu Ă la fin des verbes ?
Quâest-ce qui change dâune phrase Ă lâautre ?
Que se passe-t-il si lâon remplace « tu » par « nous » ?
Peut-on formuler une premiĂšre rĂšgle ?
Lâenfant ne reçoit plus seulement une information Ă mĂ©moriser. Il devient en quelque sorte « enquĂȘteur » de la langue : il compare, formule des hypothĂšses et recherche ce qui revient rĂ©guliĂšrement.
đĄCâest une dĂ©marche quâon aime particuliĂšrement chez Cours des Possibles. On voit souvent lâĂ©lĂšve passer de « Je ne comprends rien aux conjugaisons » à « Attends, je crois que jâai repĂ©rĂ© quelque chose ! ». Ce petit changement de posture est prĂ©cieux : lâĂ©lĂšve ne subit plus complĂštement la rĂšgle, il commence Ă la construire.
Il faudra ensuite confirmer, prĂ©ciser et structurer ses observations. Lâobjectif nâest pas de le laisser deviner seul toutes les rĂšgles, mais de lâaider Ă comprendre dâoĂč elles viennent.
Cette dĂ©marche dâobservation, de comparaison et de classement est aujourdâhui recommandĂ©e du CE2 au collĂšge. Elle permet de construire les rĂšgles Ă partir des rĂ©gularitĂ©s rĂ©ellement observĂ©es dans les phrases.
4. Transformer les phrases pour comprendre leur fonctionnement
En grammaire, les transformations sont particuliĂšrement utiles.
LâĂ©lĂšve peut par exemple :
remplacer un mot ou un groupe de mots ;
passer du singulier au pluriel ;
changer le temps de la phrase ;
déplacer un groupe de mots ;
supprimer un élément ;
remplacer un groupe nominal par un pronom ;
comparer deux phrases presque identiques.
Prenons cette phrase : « Le jeune chien observe les oiseaux. »
On peut remplacer le groupe « le jeune chien » par un pronom : « Il observe les oiseaux. »
Puis passer la phrase au pluriel : « Les jeunes chiens observent les oiseaux. »
Ces transformations permettent de faire apparaßtre plusieurs phénomÚnes :
« le jeune chien » est le groupe sujet ;
il peut ĂȘtre remplacĂ© par « il » ;
lorsquâil passe au pluriel, plusieurs mots du groupe nominal changent ;
le verbe change Ă©galement pour sâaccorder avec le sujet.
đĄ LâĂ©lĂšve voit concrĂštement les relations entre les mots. La grammaire devient moins abstraite et beaucoup plus vivante.
5. Croiser plusieurs indices
Une seule question ne suffit pas toujours.
Les élÚves apprennent parfois à reconnaßtre une fonction grùce à une question unique :
« Qui est-ce qui ? » pour trouver le sujet ;
« Qui ? » ou « quoi ? » pour trouver le complĂ©ment dâobjet direct ;
« OĂč ? » ou « quand ? » pour trouver un complĂ©ment circonstanciel.
Ces questions peuvent aider, mais elles ne fonctionnent pas dans toutes les phrases. UtilisĂ©es seules, elles peuvent mĂȘme conduire Ă des erreurs.
Il est prĂ©fĂ©rable dâapprendre progressivement Ă croiser plusieurs indices.
Pour rechercher un sujet, lâĂ©lĂšve peut par exemple :
identifier le verbe conjugué ;
observer quel groupe commande son accord ;
remplacer ce groupe par « il », « elle », « ils » ou « elles » ;
utiliser, lorsque la phrase sây prĂȘte, lâencadrement « câest⊠qui ».
La grammaire ne repose donc pas sur une collection dâastuces magiques. Elle demande un raisonnement, construit Ă partir de plusieurs indices.
đĄ Astuce Cours des possibles : lorsque votre enfant propose une rĂ©ponse, demandez-lui : « Comment peux-tu la vĂ©rifier ? » On lâaide ainsi Ă remplacer peu Ă peu le « Je crois que câest ça » par « Je sais que câest ça parce que⊠». Quel bonheur de le voir gagner peu Ă peu en assurance !
6. Faire expliquer son raisonnement Ă lâĂ©lĂšve
Un enfant peut donner la bonne rĂ©ponse parce quâil a rĂ©ellement compris⊠mais aussi parce quâil lâa devinĂ©e ou quâil a reconnu un exercice dĂ©jĂ rĂ©alisĂ©.
Lui demander dâexpliquer son raisonnement permet de faire la diffĂ©rence.
On peut lâinviter Ă complĂ©ter des phrases comme :
« JâĂ©cris -nt parce que⊠»
« Le sujet de ce verbe est⊠»
« Je peux remplacer ce groupe par⊠»
« Cette phrase est Ă lâimparfait parce que⊠»
« Ce mot est au pluriel, je le vois grùce à ⊠»
« Jâai choisi cette terminaison parce que⊠»
Par exemple :
« JâĂ©cris âLes chiens aboientâ avec â-ntâ parce que le sujet âles chiensâ peut ĂȘtre remplacĂ© par âilsâ. »
Cette phrase montre que lâĂ©lĂšve a reliĂ© le sujet, le pronom personnel et la terminaison du verbe. Son raisonnement devient visible, pour lâadulte comme pour lui-mĂȘme.
Et câest exactement ce que lâon recherche : que lâĂ©lĂšve puisse progressivement se dire « Jâai les moyens de trouver », au lieu de penser « Soit je sais, soit je ne sais pas ».
7. Guider sans donner immédiatement la réponse
Lorsquâun enfant hĂ©site, il est tentant de lui fournir rapidement la bonne terminaison. Cela permet de terminer lâexercice, mais pas toujours de progresser.
On peut dâabord lui poser une ou deux questions ciblĂ©es :
Quel est le verbe ?
Quel est son sujet ?
Par quel pronom peux-tu remplacer ce sujet ?
Ă quel temps est la phrase ?
Quelle régularité connais-tu déjà ?
Quel outil pourrait tâaider Ă vĂ©rifier ?
Lâobjectif nâest pas de multiplier les questions jusquâĂ le mettre en difficultĂ©. Une question bien choisie doit simplement attirer son attention sur lâĂ©tape prĂ©cise quâil a oubliĂ©e.
đĄ Astuce Cours des Possibles : une phrase correctement analysĂ©e et expliquĂ©e peut ĂȘtre plus utile que dix rĂ©ponses donnĂ©es mĂ©caniquement. Prenons le temps de savourer ces petits raisonnements rĂ©ussis !
8. Mémoriser activement, par petites reprises espacées
Comprendre une rĂšgle est essentiel, mais cela ne suffit pas. Certaines connaissances doivent devenir suffisamment automatisĂ©es pour pouvoir ĂȘtre utilisĂ©es pendant une rĂ©daction ou une dictĂ©e.
Or, relire plusieurs fois un tableau donne souvent une impression trompeuse de maßtrise. Tant que le tableau est sous les yeux, les formes paraissent familiÚres. Mais lorsque le cahier est fermé, elles peuvent devenir beaucoup plus difficiles à retrouver.
Pour mĂ©moriser activement plutĂŽt que passivement, lâĂ©lĂšve peut :
cacher une partie du tableau et essayer de la reconstituer ;
Ă©crire de mĂ©moire les terminaisons dâun temps ;
conjuguer oralement un verbe choisi au hasard ;
transformer une phrase d'un temps Ă un autre , par exemple du prĂ©sent Ă lâimparfait ;
corriger une erreur et expliquer la correction ;
inventer une phrase dans laquelle la rĂšgle doit ĂȘtre appliquĂ©e ;
préparer de petites cartes questions-réponses.
đĄIl ne sâagit plus seulement de remettre lâinformation devant les yeux de lâenfant, mais de lui demander de la retrouver dans sa mĂ©moire.
Cette « rĂ©cupĂ©ration active » contribue Ă consolider les connaissances. Son efficacitĂ© est renforcĂ©e lorsque lâexercice est accompagnĂ© dâune correction et repris Ă plusieurs moments. Les recherches menĂ©es en contexte scolaire confirment les bĂ©nĂ©fices de cette pratique sur la mĂ©morisation Ă long terme.
9. Réviser moins longtemps, mais plus souvent
Une longue sĂ©ance la veille dâune Ă©valuation peut permettre de rĂ©ussir quelques exercices Ă court terme, mais elle favorise moins la mĂ©morisation durable.
Mieux vaut reprendre souvent une notion pendant quelques minutes, que longuement une seule fois, par exemple : le jour oĂč elle a Ă©tĂ© dĂ©couverte, le lendemain, quelques jours plus tard, puis la semaine suivante.
Ces reprises espacĂ©es obligent lâĂ©lĂšve Ă faire un petit effort pour retrouver la connaissance. Câest prĂ©cisĂ©ment cet effort qui renforce progressivement son accessibilitĂ© en mĂ©moire.
Le rĂ©fĂ©rentiel publiĂ© par le Conseil scientifique de lâĂducation nationale en 2025 cite les effets de la rĂ©cupĂ©ration en mĂ©moire et de lâespacement parmi les connaissances importantes sur la maniĂšre dont les Ă©lĂšves apprennent.
đĄ Astuce Cours des Possibles : cinq ou dix minutes de conjugaison Ă plusieurs reprises sont souvent plus efficaces quâune heure entiĂšre passĂ©e Ă recopier des tableaux. Et surtout, ces petites sĂ©ances sont beaucoup plus faciles Ă vivre pour toute la famille !
10. Réutiliser rapidement les rÚgles dans de vraies phrases
Les cahiers et les fichiers dâexercices proposent souvent des activitĂ©s trĂšs ciblĂ©es : tous les verbes sont Ă lâimparfait, toutes les phrases contiennent le mĂȘme type dâaccord ou tous les mots Ă complĂ©ter appartiennent Ă la mĂȘme catĂ©gorie.
Ces exercices sont utiles pour dĂ©couvrir une notion. Mais ils donnent aussi beaucoup dâindices Ă lâĂ©lĂšve : il sait dĂ©jĂ quelle rĂšgle il doit utiliser.
Dans une rĂ©daction, aucun titre ne lui indique : « Attention, tu vas maintenant devoir accorder un verbe avec son sujet ! » Il doit reconnaĂźtre seul la situation, retrouver la rĂšgle et lâappliquer tout en rĂ©flĂ©chissant Ă ses idĂ©es.
Pour faciliter ce passage, chaque apprentissage devrait ĂȘtre rapidement rĂ©utilisĂ© dans de vraies phrases.
AprĂšs une leçon, on peut par exemple demander Ă lâenfant :
dâinventer trois phrases utilisant le temps travaillĂ© ;
de transformer un petit texte du prĂ©sent Ă lâimparfait ;
dâenrichir plusieurs groupes nominaux ;
de corriger une phrase contenant une erreur ciblée ;
de produire une phrase avec un sujet au pluriel ;
dâĂ©crire une mini-dictĂ©e Ă un adulte ou Ă son tuteur.
Lâobjectif nâest pas de rĂ©diger immĂ©diatement un texte trĂšs long. Quelques phrases bien choisies suffisent pour vĂ©rifier que la rĂšgle peut ĂȘtre utilisĂ©e hors de lâexercice dâorigine.
đĄ Astuce Cours des Possibles : On aime particuliĂšrement demander Ă lâĂ©lĂšve dâinventer lui-mĂȘme une phrase. Il peut parler de son animal, de son sport prĂ©fĂ©rĂ©, dâun jeu vidĂ©o ou dâune situation amusante. La grammaire reste rigoureuse, mais elle devient tout de suite plus personnelle et plus motivante !
La confĂ©rence de consensus du Cnesco sur lâĂ©criture recommande justement de relier lâĂ©tude de la grammaire aux problĂšmes rencontrĂ©s dans les textes des Ă©lĂšves, puis de leur proposer de nouvelles productions pour vĂ©rifier si les apprentissages sont rĂ©investis.
11. Apprendre à se relire une difficulté à la fois
Lorsquâun Ă©lĂšve termine une rĂ©daction, lui demander simplement « Relis-toi » est rarement pertinent. Il doit rechercher en mĂȘme temps : les erreurs de conjugaison, les accords, les mots oubliĂ©s, la ponctuation, les rĂ©pĂ©titions, les erreurs lexicales, les phrases mal construites....
La consigne est immense, notamment pour un élÚve en difficulté ou présentant un trouble DYS ou un TDAH.
Au contraire, on peut rendre la relecture beaucoup plus concrÚte en la découpant en petites missions :
PremiĂšre relecture : les majuscules et la ponctuation
Il contrÎle les majuscules, la ponctuation et la construction générale des phrases.
DeuxiĂšme relecture : les groupes nominaux
Il vérifie les déterminants, les noms et les adjectifs, en faisant particuliÚrement attention au genre et au nombre.
TroisiĂšme relecture : les accords sujets-verbes
LâĂ©lĂšve repĂšre ou souligne les verbes conjuguĂ©s. Il recherche le sujet de chaque verbe et vĂ©rifie lâaccord.
QuatriĂšme relecture : les homophones
L'élÚve vérifie l'orthographe des homophones les plus fréquents : ses/ces, se/se, à /a, etc.
Ainsi, LâĂ©lĂšve ne cherche plus toutes les erreurs simultanĂ©ment. Son attention est orientĂ©e vers un objectif prĂ©cis et atteignable.
đĄ Astuce Cours des Possibles : pour les premiĂšres relectures, ne choisissez quâune ou deux missions correspondant aux notions dĂ©jĂ Ă©tudiĂ©es. Mieux vaut une petite vĂ©rification rĂ©ellement menĂ©e jusquâau bout quâune immense grille qui dĂ©courage avant mĂȘme de commencer.
12. Utiliser lâerreur pour comprendre ce qui bloque
Toutes les erreurs ne racontent pas la mĂȘme chose.
Si un enfant écrit « ils chantes », plusieurs explications sont possibles :
il nâa pas identifiĂ© le sujet ;
il confond les terminaisons de « tu » et de « ils » ;
il connaĂźt la rĂšgle, mais ne pense pas encore Ă lâappliquer dans une phrase ;
il sâappuie uniquement sur ce quâil entend ;
son attention était mobilisée par une autre difficulté.
Corriger uniquement la lettre finale ne permet pas de savoir laquelle de ces étapes pose problÚme.
On peut plutĂŽt lui demander :
Quâavais-tu choisi comme sujet ?
Par quel pronom peux-tu le remplacer ?
Quelle terminaison correspond Ă ce pronom ?
Ton raisonnement Ă©tait-il correct jusquâĂ cette Ă©tape ?
Que pourras-tu vérifier la prochaine fois ?
đĄ Lâerreur devient alors un indice qui permet de reprendre la bonne Ă©tape.
Dire simplement « Tu nâas pas fait attention » aide rarement. Lâenfant a besoin de savoir prĂ©cisĂ©ment ce quâil doit observer ou modifier.
Chez Cours des Possibles, on essaie de lui montrer quâune erreur nâefface pas tout ce quâil a dĂ©jĂ rĂ©ussi. Il peut avoir correctement identifiĂ© le verbe et le temps, mais sâĂȘtre trompĂ© uniquement sur le sujet. Dans ce cas, on valorise les Ă©tapes maĂźtrisĂ©es avant de retravailler celle qui bloque.
Cette maniĂšre de corriger change beaucoup de choses : lâĂ©lĂšve ne voit plus seulement une croix rouge, mais un raisonnement quâil peut amĂ©liorer.
13. Adapter la quantitĂ© et le rythme aux besoins de lâĂ©lĂšve
Les grands principes restent les mĂȘmes pour tous les Ă©lĂšves, mais la maniĂšre de les mettre en Ćuvre peut ĂȘtre adaptĂ©e.
On peut notamment :
réduire le nombre de phrases ;
ne travailler quâune seule difficultĂ© Ă la fois ;
présenter les exemples de maniÚre trÚs aérée ;
utiliser des couleurs peu nombreuses et toujours associĂ©es aux mĂȘmes repĂšres ;
faire verbaliser le raisonnement avant de demander une réponse écrite ;
limiter la copie lorsquâelle mobilise toute lâĂ©nergie de lâĂ©lĂšve ;
proposer des séances plus courtes et plus fréquentes ;
autoriser un tableau ou une fiche pendant la phase dâapprentissage ;
laisser un temps de réflexion suffisant ;
valoriser un raisonnement correct, mĂȘme si la rĂ©ponse Ă©crite contient encore une erreur.
Pour certains Ă©lĂšves DYS, lâoral permet de vĂ©rifier que la notion est comprise sans ajouter immĂ©diatement la difficultĂ© du passage Ă lâĂ©crit. On pourra ensuite accompagner progressivement la transcription.
Pour un Ă©lĂšve prĂ©sentant un TDAH, un objectif trĂšs clair et un petit nombre de phrases peuvent faciliter lâengagement : « Aujourdâhui, on va apprendre Ă vĂ©rifier uniquement lâaccord entre le sujet et le verbe. »
Adapter ne signifie pas renoncer Ă la grammaire ou Ă la conjugaison. Il sâagit de trouver le bon chemin pour permettre Ă lâĂ©lĂšve dâentrer dans le raisonnement, de connaĂźtre de vraies rĂ©ussites et de construire peu Ă peu ses automatismes.
Chez Cours des Possibles, câest ce travail sur-mesure qui nous enthousiasme tant : trouver la formulation, lâexemple ou la transformation qui permettra enfin Ă lâĂ©lĂšve de se dire « Ah, dâaccord, maintenant je comprends ! » đ§Ą
Voir un Ă©lĂšve passer de « Je suis nul en conjugaison » à « Attends, je vais vĂ©rifier avec le sujet », câest exactement le type de dĂ©clic quâon adore accompagner chez Cours des possibles. đ


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