Grammaire, conjugaison : les mĂ©thodes qui marchent vraiment đŸ˜”

Un Ă©lĂšve peut rĂ©citer parfaitement une conjugaison
 puis hĂ©siter au moment de l’utiliser. La bonne nouvelle, c’est que la grammaire et la conjugaison ne sont pas seulement des listes d'exceptions Ă  apprendre par cƓur : ce sont des systĂšmes cohĂ©rents et rĂ©guliers que l’on peut observer, comprendre et apprivoiser. 🐕 Voici les mĂ©thodes que nous aimons utiliser chez Cours des Possibles pour faire Ă©merger ces petits dĂ©clics qui changent tout. 😊

MÉTHODEAPPRENTISSAGE

Mathilde

8/20/202613 min lire

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Votre enfant connaĂźt ses rĂšgles de grammaire ou ses tables de conjugaison, mais peine Ă  les appliquer ? DĂ©couvrez 10 mĂ©thodes concrĂštes pour l’aider Ă  comprendre les rĂ©gularitĂ©s de la langue française, mĂ©moriser durablement et utiliser ses connaissances dans de vraies phrases.

1. L’élĂšve sait-il utiliser la rĂšgle en contexte ?

Prenons un exemple. Un élÚve sait réciter : « Je chante, tu chantes, il chante, nous chantons, vous chantez, ils chantent. » Pourtant, dans la phrase « Les choristes chantent sur scÚne », il écrit parfois « chante ».

Ce n’est pas nĂ©cessairement parce qu’il n’a pas appris son tableau. Écrire la bonne forme verbale lui demande d’effectuer plusieurs opĂ©rations mentales successives : repĂ©rer le verbe, identifier son sujet, comprendre que « les choristes » peut ĂȘtre remplacĂ© par « ils », retrouver la terminaison correspondante, penser Ă  l’écrire, mĂȘme si le « -ent » ne s’entend pas.

Connaütre le tableau constitue donc une partie seulement de l’apprentissage.

💡 Astuce Cours des Possibles : plutĂŽt que de demander Ă  votre enfant « Est-ce que tu connais ta rĂšgle ? », proposez-lui plutĂŽt de l’utiliser dans une vraie phrase. On voit alors beaucoup plus facilement ce qui est acquis et ce qui reste Ă  travailler.

Pour maĂźtriser rĂ©ellement une notion, l’élĂšve doit progressivement ĂȘtre capable de : reconnaĂźtre la rĂšgle, la retrouver sans regarder sa leçon, l’appliquer dans un exercice, l’utiliser dans une phrase nouvelle, repĂ©rer et corriger certaines de ses erreurs.

Lorsqu’un Ă©lĂšve rĂ©ussit enfin Ă  faire seul le lien entre le sujet et la terminaison, mĂȘme sur une seule phrase, c’est dĂ©jĂ  une vraie victoire ! 🎯

2. Insister sur les régularités plutÎt que sur les exceptions

Le français est souvent prĂ©sentĂ© comme une langue remplie de piĂšges, d’exceptions et de cas particuliers.

À force d’entendre « Attention, ça ne marche pas toujours ! », certains Ă©lĂšves finissent par penser qu’il n’existe aucune logique et que tout doit ĂȘtre appris par cƓur.

Pourtant, la langue française est d’abord organisĂ©e autour de nombreuses rĂ©gularitĂ©s. Les repĂ©rer permet de rĂ©duire considĂ©rablement la quantitĂ© d’informations Ă  mĂ©moriser.

Les programmes scolaires actuels insistent d’ailleurs sur ce point. Au cycle 3, la conjugaison doit ĂȘtre comprise Ă  travers ses principes et ses rĂ©gularitĂ©s. Les accords sont eux aussi Ă©tudiĂ©s d’abord dans leur fonctionnement le plus rĂ©gulier, avant d’aborder les cas plus particuliers. Le programme du cycle 4 poursuit ce travail en demandant aux Ă©lĂšves de dĂ©velopper une comprĂ©hension cohĂ©rente du systĂšme de la langue.

En conjugaison, chercher ce qui revient d’un verbe à l’autre

Prenons les verbes « chanter », « finir », « prendre » et « venir » :

  • nous chantons, nous finissons, nous prenons, nous venons ;

  • vous chantez, vous finissez, vous prenez, vous venez ;

  • ils chantent, ils finissent, ils prennent, ils viennent.

La base du verbe change, mais certaines marques reviennent :

  • -ons avec « nous » ;

  • -ez avec « vous » ;

  • -nt avec « ils » ou « elles ».

Ces rĂ©gularitĂ©s ne permettent pas de conjuguer immĂ©diatement tous les verbes Ă  tous les temps. Mais elles offrent Ă  l’élĂšve des repĂšres solides sur lesquels il pourra s’appuyer.

Certains temps sont particuliĂšrement rĂ©guliers. À l’imparfait, les terminaisons sont les mĂȘmes pour tous les verbes :

  • -ais ;

  • -ais ;

  • -ait ;

  • -ions ;

  • -iez ;

  • -aient.

MĂȘme le verbe « ĂȘtre », qui change de base avec « Ă©t- », conserve ces terminaisons : j’étais, nous Ă©tions, elles Ă©taient.

Au futur, la présence du r constitue également un repÚre trÚs utile : je chanterai, nous finirons, vous prendrez, ils viendront.

L’élĂšve dĂ©couvre ainsi que la conjugaison ne consiste pas uniquement Ă  apprendre des dizaines de tableaux indĂ©pendants. Il peut progressivement comprendre comment une forme verbale se construit :

âžĄïž une base verbale + une marque du temps + une marque de la personne.

Les ressources pĂ©dagogiques d’Éduscol recommandent prĂ©cisĂ©ment de mettre en Ă©vidence ces rĂ©gularitĂ©s et de dĂ©composer les verbes afin de faciliter leur comprĂ©hension, leur mĂ©morisation et leur automatisation.

Et les exceptions, alors ?

Se concentrer sur les régularités ne signifie évidemment pas faire disparaßtre les exceptions.

Les verbes « ĂȘtre », « avoir », « aller » ou « faire », par exemple, doivent faire l’objet d’un apprentissage spĂ©cifique. Ils sont trĂšs frĂ©quents et leurs formes ne peuvent pas toujours ĂȘtre retrouvĂ©es en appliquant une rĂšgle simple.

Mais il est beaucoup plus facile de comprendre une exception lorsque la rÚgle générale est déjà claire.

Nous recommandons donc de procéder dans cet ordre :

  1. découvrir le fonctionnement le plus fréquent ;

  2. s’entraüner jusqu’à ce qu’il devienne familier ;

  3. introduire progressivement les cas particuliers ;

  4. regrouper les exceptions qui se ressemblent.

💡 Astuce Cours des Possibles : sur une fiche de conjugaison, donnez beaucoup de place Ă  la rĂ©gularitĂ© principale et rassemblez les quelques exceptions utiles dans un petit encadrĂ© sĂ©parĂ©. L’exception ne doit pas masquer tout ce qui fonctionne rĂ©guliĂšrement !

3. Faire observer la langue avant de donner la rĂšgle

Pour comprendre une régularité, il est souvent utile de commencer par observer plusieurs exemples.

On peut proposer à l’enfant les phrases suivantes :

  • Tu chantes dans la chorale.

  • Tu finis ton exercice.

  • Tu prends ton manteau.

  • Tu viens avec nous.

Puis lui poser quelques questions :

  • Quel est le sujet de chaque verbe ?

  • Que remarques-tu Ă  la fin des verbes ?

  • Qu’est-ce qui change d’une phrase Ă  l’autre ?

  • Que se passe-t-il si l’on remplace « tu » par « nous » ?

  • Peut-on formuler une premiĂšre rĂšgle ?

L’enfant ne reçoit plus seulement une information Ă  mĂ©moriser. Il devient en quelque sorte « enquĂȘteur » de la langue : il compare, formule des hypothĂšses et recherche ce qui revient rĂ©guliĂšrement.

💡C’est une dĂ©marche qu’on aime particuliĂšrement chez Cours des Possibles. On voit souvent l’élĂšve passer de « Je ne comprends rien aux conjugaisons » Ă  « Attends, je crois que j’ai repĂ©rĂ© quelque chose ! ». Ce petit changement de posture est prĂ©cieux : l’élĂšve ne subit plus complĂštement la rĂšgle, il commence Ă  la construire.

Il faudra ensuite confirmer, prĂ©ciser et structurer ses observations. L’objectif n’est pas de le laisser deviner seul toutes les rĂšgles, mais de l’aider Ă  comprendre d’oĂč elles viennent.

Cette dĂ©marche d’observation, de comparaison et de classement est aujourd’hui recommandĂ©e du CE2 au collĂšge. Elle permet de construire les rĂšgles Ă  partir des rĂ©gularitĂ©s rĂ©ellement observĂ©es dans les phrases.

4. Transformer les phrases pour comprendre leur fonctionnement

En grammaire, les transformations sont particuliĂšrement utiles.

L’élĂšve peut par exemple :

  • remplacer un mot ou un groupe de mots ;

  • passer du singulier au pluriel ;

  • changer le temps de la phrase ;

  • dĂ©placer un groupe de mots ;

  • supprimer un Ă©lĂ©ment ;

  • remplacer un groupe nominal par un pronom ;

  • comparer deux phrases presque identiques.

Prenons cette phrase : « Le jeune chien observe les oiseaux. »

On peut remplacer le groupe « le jeune chien » par un pronom : « Il observe les oiseaux. »

Puis passer la phrase au pluriel : « Les jeunes chiens observent les oiseaux. »

Ces transformations permettent de faire apparaßtre plusieurs phénomÚnes :

  • « le jeune chien » est le groupe sujet ;

  • il peut ĂȘtre remplacĂ© par « il » ;

  • lorsqu’il passe au pluriel, plusieurs mots du groupe nominal changent ;

  • le verbe change Ă©galement pour s’accorder avec le sujet.

💡 L’élĂšve voit concrĂštement les relations entre les mots. La grammaire devient moins abstraite et beaucoup plus vivante.

5. Croiser plusieurs indices

Une seule question ne suffit pas toujours.

Les élÚves apprennent parfois à reconnaßtre une fonction grùce à une question unique :

  • « Qui est-ce qui ? » pour trouver le sujet ;

  • « Qui ? » ou « quoi ? » pour trouver le complĂ©ment d’objet direct ;

  • « OĂč ? » ou « quand ? » pour trouver un complĂ©ment circonstanciel.

Ces questions peuvent aider, mais elles ne fonctionnent pas dans toutes les phrases. UtilisĂ©es seules, elles peuvent mĂȘme conduire Ă  des erreurs.

Il est prĂ©fĂ©rable d’apprendre progressivement Ă  croiser plusieurs indices.

Pour rechercher un sujet, l’élĂšve peut par exemple :

  • identifier le verbe conjuguĂ© ;

  • observer quel groupe commande son accord ;

  • remplacer ce groupe par « il », « elle », « ils » ou « elles » ;

  • utiliser, lorsque la phrase s’y prĂȘte, l’encadrement « c’est
 qui ».

La grammaire ne repose donc pas sur une collection d’astuces magiques. Elle demande un raisonnement, construit à partir de plusieurs indices.

💡 Astuce Cours des possibles : lorsque votre enfant propose une rĂ©ponse, demandez-lui : « Comment peux-tu la vĂ©rifier ? » On l’aide ainsi Ă  remplacer peu Ă  peu le « Je crois que c’est ça » par « Je sais que c’est ça parce que
 ». Quel bonheur de le voir gagner peu Ă  peu en assurance !

6. Faire expliquer son raisonnement Ă  l’élĂšve

Un enfant peut donner la bonne rĂ©ponse parce qu’il a rĂ©ellement compris
 mais aussi parce qu’il l’a devinĂ©e ou qu’il a reconnu un exercice dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©.

Lui demander d’expliquer son raisonnement permet de faire la diffĂ©rence.

On peut l’inviter Ă  complĂ©ter des phrases comme :

  • « J’écris -nt parce que
 »

  • « Le sujet de ce verbe est
 »

  • « Je peux remplacer ce groupe par
 »

  • « Cette phrase est Ă  l’imparfait parce que
 »

  • « Ce mot est au pluriel, je le vois grĂące à
 »

  • « J’ai choisi cette terminaison parce que
 »

Par exemple :

« J’écris “Les chiens aboient” avec “-nt” parce que le sujet “les chiens” peut ĂȘtre remplacĂ© par “ils”. »

Cette phrase montre que l’élĂšve a reliĂ© le sujet, le pronom personnel et la terminaison du verbe. Son raisonnement devient visible, pour l’adulte comme pour lui-mĂȘme.

Et c’est exactement ce que l’on recherche : que l’élĂšve puisse progressivement se dire « J’ai les moyens de trouver », au lieu de penser « Soit je sais, soit je ne sais pas ».

7. Guider sans donner immédiatement la réponse

Lorsqu’un enfant hĂ©site, il est tentant de lui fournir rapidement la bonne terminaison. Cela permet de terminer l’exercice, mais pas toujours de progresser.

On peut d’abord lui poser une ou deux questions ciblĂ©es :

  • Quel est le verbe ?

  • Quel est son sujet ?

  • Par quel pronom peux-tu remplacer ce sujet ?

  • À quel temps est la phrase ?

  • Quelle rĂ©gularitĂ© connais-tu dĂ©jĂ  ?

  • Quel outil pourrait t’aider Ă  vĂ©rifier ?

L’objectif n’est pas de multiplier les questions jusqu’à le mettre en difficultĂ©. Une question bien choisie doit simplement attirer son attention sur l’étape prĂ©cise qu’il a oubliĂ©e.

💡 Astuce Cours des Possibles : une phrase correctement analysĂ©e et expliquĂ©e peut ĂȘtre plus utile que dix rĂ©ponses donnĂ©es mĂ©caniquement. Prenons le temps de savourer ces petits raisonnements rĂ©ussis !

8. Mémoriser activement, par petites reprises espacées

Comprendre une rĂšgle est essentiel, mais cela ne suffit pas. Certaines connaissances doivent devenir suffisamment automatisĂ©es pour pouvoir ĂȘtre utilisĂ©es pendant une rĂ©daction ou une dictĂ©e.

Or, relire plusieurs fois un tableau donne souvent une impression trompeuse de maßtrise. Tant que le tableau est sous les yeux, les formes paraissent familiÚres. Mais lorsque le cahier est fermé, elles peuvent devenir beaucoup plus difficiles à retrouver.

Pour mĂ©moriser activement plutĂŽt que passivement, l’élĂšve peut :

  • cacher une partie du tableau et essayer de la reconstituer ;

  • Ă©crire de mĂ©moire les terminaisons d’un temps ;

  • conjuguer oralement un verbe choisi au hasard ;

  • transformer une phrase d'un temps Ă  un autre , par exemple du prĂ©sent Ă  l’imparfait ;

  • corriger une erreur et expliquer la correction ;

  • inventer une phrase dans laquelle la rĂšgle doit ĂȘtre appliquĂ©e ;

  • prĂ©parer de petites cartes questions-rĂ©ponses.

💡Il ne s’agit plus seulement de remettre l’information devant les yeux de l’enfant, mais de lui demander de la retrouver dans sa mĂ©moire.

Cette « rĂ©cupĂ©ration active » contribue Ă  consolider les connaissances. Son efficacitĂ© est renforcĂ©e lorsque l’exercice est accompagnĂ© d’une correction et repris Ă  plusieurs moments. Les recherches menĂ©es en contexte scolaire confirment les bĂ©nĂ©fices de cette pratique sur la mĂ©morisation Ă  long terme.

9. Réviser moins longtemps, mais plus souvent

Une longue sĂ©ance la veille d’une Ă©valuation peut permettre de rĂ©ussir quelques exercices Ă  court terme, mais elle favorise moins la mĂ©morisation durable.

Mieux vaut reprendre souvent une notion pendant quelques minutes, que longuement une seule fois, par exemple : le jour oĂč elle a Ă©tĂ© dĂ©couverte, le lendemain, quelques jours plus tard, puis la semaine suivante.

Ces reprises espacĂ©es obligent l’élĂšve Ă  faire un petit effort pour retrouver la connaissance. C’est prĂ©cisĂ©ment cet effort qui renforce progressivement son accessibilitĂ© en mĂ©moire.

Le rĂ©fĂ©rentiel publiĂ© par le Conseil scientifique de l’Éducation nationale en 2025 cite les effets de la rĂ©cupĂ©ration en mĂ©moire et de l’espacement parmi les connaissances importantes sur la maniĂšre dont les Ă©lĂšves apprennent.

💡 Astuce Cours des Possibles : cinq ou dix minutes de conjugaison Ă  plusieurs reprises sont souvent plus efficaces qu’une heure entiĂšre passĂ©e Ă  recopier des tableaux. Et surtout, ces petites sĂ©ances sont beaucoup plus faciles Ă  vivre pour toute la famille !

10. Réutiliser rapidement les rÚgles dans de vraies phrases

Les cahiers et les fichiers d’exercices proposent souvent des activitĂ©s trĂšs ciblĂ©es : tous les verbes sont Ă  l’imparfait, toutes les phrases contiennent le mĂȘme type d’accord ou tous les mots Ă  complĂ©ter appartiennent Ă  la mĂȘme catĂ©gorie.

Ces exercices sont utiles pour dĂ©couvrir une notion. Mais ils donnent aussi beaucoup d’indices Ă  l’élĂšve : il sait dĂ©jĂ  quelle rĂšgle il doit utiliser.

Dans une rĂ©daction, aucun titre ne lui indique : « Attention, tu vas maintenant devoir accorder un verbe avec son sujet ! » Il doit reconnaĂźtre seul la situation, retrouver la rĂšgle et l’appliquer tout en rĂ©flĂ©chissant Ă  ses idĂ©es.

Pour faciliter ce passage, chaque apprentissage devrait ĂȘtre rapidement rĂ©utilisĂ© dans de vraies phrases.

Aprùs une leçon, on peut par exemple demander à l’enfant :

  • d’inventer trois phrases utilisant le temps travaillĂ© ;

  • de transformer un petit texte du prĂ©sent Ă  l’imparfait ;

  • d’enrichir plusieurs groupes nominaux ;

  • de corriger une phrase contenant une erreur ciblĂ©e ;

  • de produire une phrase avec un sujet au pluriel ;

  • d’écrire une mini-dictĂ©e Ă  un adulte ou Ă  son tuteur.

L’objectif n’est pas de rĂ©diger immĂ©diatement un texte trĂšs long. Quelques phrases bien choisies suffisent pour vĂ©rifier que la rĂšgle peut ĂȘtre utilisĂ©e hors de l’exercice d’origine.

💡 Astuce Cours des Possibles : On aime particuliĂšrement demander Ă  l’élĂšve d’inventer lui-mĂȘme une phrase. Il peut parler de son animal, de son sport prĂ©fĂ©rĂ©, d’un jeu vidĂ©o ou d’une situation amusante. La grammaire reste rigoureuse, mais elle devient tout de suite plus personnelle et plus motivante !

La confĂ©rence de consensus du Cnesco sur l’écriture recommande justement de relier l’étude de la grammaire aux problĂšmes rencontrĂ©s dans les textes des Ă©lĂšves, puis de leur proposer de nouvelles productions pour vĂ©rifier si les apprentissages sont rĂ©investis.

11. Apprendre à se relire une difficulté à la fois

Lorsqu’un Ă©lĂšve termine une rĂ©daction, lui demander simplement « Relis-toi » est rarement pertinent. Il doit rechercher en mĂȘme temps : les erreurs de conjugaison, les accords, les mots oubliĂ©s, la ponctuation, les rĂ©pĂ©titions, les erreurs lexicales, les phrases mal construites....

La consigne est immense, notamment pour un élÚve en difficulté ou présentant un trouble DYS ou un TDAH.

Au contraire, on peut rendre la relecture beaucoup plus concrÚte en la découpant en petites missions :

PremiĂšre relecture : les majuscules et la ponctuation

Il contrÎle les majuscules, la ponctuation et la construction générale des phrases.

DeuxiĂšme relecture : les groupes nominaux

Il vérifie les déterminants, les noms et les adjectifs, en faisant particuliÚrement attention au genre et au nombre.

TroisiĂšme relecture : les accords sujets-verbes

L’élĂšve repĂšre ou souligne les verbes conjuguĂ©s. Il recherche le sujet de chaque verbe et vĂ©rifie l’accord.

QuatriĂšme relecture : les homophones

L'élÚve vérifie l'orthographe des homophones les plus fréquents : ses/ces, se/se, à/a, etc.

Ainsi, L’élĂšve ne cherche plus toutes les erreurs simultanĂ©ment. Son attention est orientĂ©e vers un objectif prĂ©cis et atteignable.

💡 Astuce Cours des Possibles : pour les premiĂšres relectures, ne choisissez qu’une ou deux missions correspondant aux notions dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ©es. Mieux vaut une petite vĂ©rification rĂ©ellement menĂ©e jusqu’au bout qu’une immense grille qui dĂ©courage avant mĂȘme de commencer.

12. Utiliser l’erreur pour comprendre ce qui bloque

Toutes les erreurs ne racontent pas la mĂȘme chose.

Si un enfant écrit « ils chantes », plusieurs explications sont possibles :

  • il n’a pas identifiĂ© le sujet ;

  • il confond les terminaisons de « tu » et de « ils » ;

  • il connaĂźt la rĂšgle, mais ne pense pas encore Ă  l’appliquer dans une phrase ;

  • il s’appuie uniquement sur ce qu’il entend ;

  • son attention Ă©tait mobilisĂ©e par une autre difficultĂ©.

Corriger uniquement la lettre finale ne permet pas de savoir laquelle de ces étapes pose problÚme.

On peut plutĂŽt lui demander :

  • Qu’avais-tu choisi comme sujet ?

  • Par quel pronom peux-tu le remplacer ?

  • Quelle terminaison correspond Ă  ce pronom ?

  • Ton raisonnement Ă©tait-il correct jusqu’à cette Ă©tape ?

  • Que pourras-tu vĂ©rifier la prochaine fois ?

💡 L’erreur devient alors un indice qui permet de reprendre la bonne Ă©tape.

Dire simplement « Tu n’as pas fait attention » aide rarement. L’enfant a besoin de savoir prĂ©cisĂ©ment ce qu’il doit observer ou modifier.

Chez Cours des Possibles, on essaie de lui montrer qu’une erreur n’efface pas tout ce qu’il a dĂ©jĂ  rĂ©ussi. Il peut avoir correctement identifiĂ© le verbe et le temps, mais s’ĂȘtre trompĂ© uniquement sur le sujet. Dans ce cas, on valorise les Ă©tapes maĂźtrisĂ©es avant de retravailler celle qui bloque.

Cette maniĂšre de corriger change beaucoup de choses : l’élĂšve ne voit plus seulement une croix rouge, mais un raisonnement qu’il peut amĂ©liorer.

13. Adapter la quantitĂ© et le rythme aux besoins de l’élĂšve

Les grands principes restent les mĂȘmes pour tous les Ă©lĂšves, mais la maniĂšre de les mettre en Ɠuvre peut ĂȘtre adaptĂ©e.

On peut notamment :

  • rĂ©duire le nombre de phrases ;

  • ne travailler qu’une seule difficultĂ© Ă  la fois ;

  • prĂ©senter les exemples de maniĂšre trĂšs aĂ©rĂ©e ;

  • utiliser des couleurs peu nombreuses et toujours associĂ©es aux mĂȘmes repĂšres ;

  • faire verbaliser le raisonnement avant de demander une rĂ©ponse Ă©crite ;

  • limiter la copie lorsqu’elle mobilise toute l’énergie de l’élĂšve ;

  • proposer des sĂ©ances plus courtes et plus frĂ©quentes ;

  • autoriser un tableau ou une fiche pendant la phase d’apprentissage ;

  • laisser un temps de rĂ©flexion suffisant ;

  • valoriser un raisonnement correct, mĂȘme si la rĂ©ponse Ă©crite contient encore une erreur.

Pour certains Ă©lĂšves DYS, l’oral permet de vĂ©rifier que la notion est comprise sans ajouter immĂ©diatement la difficultĂ© du passage Ă  l’écrit. On pourra ensuite accompagner progressivement la transcription.

Pour un Ă©lĂšve prĂ©sentant un TDAH, un objectif trĂšs clair et un petit nombre de phrases peuvent faciliter l’engagement : « Aujourd’hui, on va apprendre Ă  vĂ©rifier uniquement l’accord entre le sujet et le verbe. »

Adapter ne signifie pas renoncer Ă  la grammaire ou Ă  la conjugaison. Il s’agit de trouver le bon chemin pour permettre Ă  l’élĂšve d’entrer dans le raisonnement, de connaĂźtre de vraies rĂ©ussites et de construire peu Ă  peu ses automatismes.

Chez Cours des Possibles, c’est ce travail sur-mesure qui nous enthousiasme tant : trouver la formulation, l’exemple ou la transformation qui permettra enfin Ă  l’élĂšve de se dire « Ah, d’accord, maintenant je comprends ! » 🧡

Voir un Ă©lĂšve passer de « Je suis nul en conjugaison » Ă  « Attends, je vais vĂ©rifier avec le sujet », c’est exactement le type de dĂ©clic qu’on adore accompagner chez Cours des possibles. 😊

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Chez Cours des Possibles, nous proposons un soutien scolaire individualisĂ© et bienveillant, Ă  domicile ou en visio, conçu notamment pour les enfants et ados prĂ©sentant des dĂ©fis d’apprentissage (DYS, TDAH, phobie scolaire).

Nos tuteurs et tutrices de soutien scolaire adaptĂ© tiennent compte des amĂ©nagements scolaires en place (PAP, PPS, PAI) et adaptent leurs mĂ©thodes aux besoins spĂ©cifiques de chaque Ă©lĂšve : rythme, supports, encouragements, outils numĂ©riques, etc. L’objectif : allĂ©ger la charge mentale, redonner confiance et favoriser la rĂ©ussite.

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Responsable pédagogique

Mathilde Salinas

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