Mon enfant ne veut plus aller à l'école : est-ce une phobie scolaire ?
BIEN-ÊTRE
Mathilde
1/20/20276 min lire


Votre enfant pleure, a mal au ventre ou se fige chaque matin au moment de partir à l'école ? Ce refus n'est ni un caprice ni de la paresse : c'est parfois le signe d'une phobie scolaire, aussi appelée refus scolaire anxieux. Voici comment la reconnaître, ce qui peut la provoquer et qui consulter, sans attendre que la situation s'installe.
« Ce matin encore, il n'a pas pu passer la porte. » « Le week-end, elle va très bien. » Si ces phrases vous parlent, cet article est pour vous.
Phobie scolaire : ce qui se passe pour votre enfant
La phobie scolaire n'est pas la peur des bâtiments ni des leçons. C'est une vive détresse émotionnelle face à l'école, que l'enfant évite malgré les efforts de ses parents (Inserm, 2023). Les spécialistes parlent aujourd'hui de refus scolaire anxieux.
Elle concernerait 1 à 2 % des élèves, et sans doute davantage, car elle est souvent repérée tard. Elle touche autant les garçons que les filles. Trois moments sont plus sensibles : l'entrée au CP, l'entrée en 6e et le début de l'adolescence (Mouren et Delorme, 2006).
Derrière ce refus, il y a souvent autre chose : une peur d'être séparé de ses parents, une anxiété face aux autres, du harcèlement, des troubles des apprentissages (dyslexie, dysgraphie…), une précocité ou un trouble du spectre de l'autisme (Inserm, 2023).
Et un cercle vicieux s'installe vite : rester à la maison soulage l'angoisse sur le moment, mais plus on évite l'école, plus y retourner fait peur.
🔬 Ce que dit la recherche
Les chercheurs distinguent clairement le refus scolaire anxieux de l'« école buissonnière ». L'enfant en refus scolaire est en détresse, n'a pas de comportement antisocial grave et ne cache pas ses absences à ses parents. L'élève qui sèche, lui, cherche en général à les cacher (Heyne et al., 2019). Autrement dit, si votre enfant reste à la maison sous vos yeux, en larmes, ce n'est pas de la désobéissance.
Phobie scolaire : les questions que vous vous posez
Comment reconnaître une phobie scolaire ?
Le signe le plus parlant, c'est le lien avec l'école : les symptômes arrivent quand l'école approche, et s'apaisent quand elle s'éloigne.
Concrètement, soyez attentif·ve :
✱ aux maux de ventre, de tête ou aux nausées les matins d'école, qui disparaissent le week-end et pendant les vacances ;
✱ aux pleurs, à la colère ou au blocage au moment de partir, parfois dès la veille au soir ;
✱ aux passages fréquents à l'infirmerie, à l'isolement dans la cour, aux notes qui baissent (Inserm, 2023) ;
✱ aux absences d'abord ponctuelles, puis de plus en plus fréquentes.
Pendant deux semaines, notez dans un carnet chaque jour, le moment et le symptôme. Ce relevé sera très utile au médecin.
Est-ce un caprice ou de la paresse ?
Non. La plupart des enfants en phobie scolaire voudraient aller à l'école, mais n'y arrivent pas. Le dire à votre enfant le soulage souvent beaucoup.
Concrètement :
✱ remplacez « Arrête ton cinéma » par « Je vois que c'est très dur pour toi ce matin » ;
✱ évitez les punitions liées à l'école : elles renforcent l'angoisse au lieu de la faire baisser.
Simple mauvaise passe ou vrai refus scolaire ?
Tous les enfants traînent parfois des pieds avant un contrôle ou après une dispute. Ce qui doit alerter, c'est la durée et l'intensité.
Concrètement, c'est plutôt une mauvaise passe si :
✱ votre enfant râle, mais finit par y aller ;
✱ la difficulté est liée à un événement précis, et passe en quelques jours.
C'est plutôt un refus scolaire qui commence si :
✱ la détresse est forte et revient plusieurs semaines ;
✱ les absences se répètent, ou il faut le traîner jusqu'à la porte.
Les chercheurs parlent de refus scolaire « émergent » : c'est justement le bon moment pour agir (Heyne et al., 2019).
Faut-il le forcer à y aller ?
Ni le forcer brutalement, ni le laisser s'installer à la maison. Une absence prolongée rend le retour plus difficile, d'où l'importance d'un repérage précoce (Holzer et Halfon, 2006).
Concrètement, les jours où il reste à la maison :
✱ gardez le rythme d'un jour d'école : lever, habillage, repas aux heures habituelles ;
✱ évitez que la maison devienne plus attirante que l'école : pas d'écrans pendant les heures de cours ;
✱ prévenez l'école et gardez le contact avec un adulte de confiance là-bas.
💡 À retenir : l'objectif n'est pas de gagner la bataille de ce matin, mais de construire un retour, pas à pas, avec des professionnels.
Qui consulter, et quand ?
Dès que les absences se répètent, ou que la détresse dure. Plus le repérage est tardif, moins l'issue est favorable (Inserm, 2023).
Concrètement :
✱ commencez par votre médecin traitant ou le pédiatre, souvent en première ligne : il pourra orienter vers un·e psychologue ou un·e pédopsychiatre (Ameli) ;
✱ les CMP (centres médico-psychologiques) proposent des consultations entièrement prises en charge par l'Assurance Maladie ;
✱ dès 11-12 ans, la Maison des adolescents accueille les jeunes gratuitement et sans rendez-vous. Les parents peuvent aussi y être reçus, avec ou sans leur enfant (Ameli) ;
✱ à l'école, sollicitez le médecin scolaire, l'infirmier·e, le ou la psychologue de l'Éducation nationale ou le ou la CPE.
Et l'école, que peut-elle faire ?
Beaucoup de choses : un emploi du temps aménagé, un lieu calme où se réfugier, des cours à domicile… Nous les présentons dans notre article Phobie scolaire : quelles solutions pour que votre enfant continue d'apprendre ?. Si vous soupçonnez du harcèlement, consultez aussi les signes qui doivent vous alerter.
Trouver votre propre équilibre
La phobie scolaire bouscule toute la famille : dans une étude citée par l'Inserm, 69 % des parents avaient dû adapter leur emploi du temps. Vous n'avez rien raté : vous faites face à une vraie difficulté, qui se soigne. Prendre soin de vous fait aussi partie de la solution.
En résumé
✱ La phobie scolaire, ou refus scolaire anxieux, est une détresse face à l'école, pas un caprice.
✱ Le signe clé : des symptômes qui arrivent avec l'école et disparaissent le week-end et pendant les vacances.
✱ Agissez tôt : médecin traitant, CMP ou Maison des adolescents, et dialogue avec l'école.
Plus on agit tôt, plus le chemin du retour est court : en vous posant ces questions, vous avez déjà fait le premier pas. 🧡
Besoin d'un accompagnement adapté pour votre enfant ?
Pendant une phobie scolaire, garder un lien serein avec les apprentissages aide à préparer le retour. Nous proposons un soutien scolaire adapté à la phobie scolaire, à domicile ou en visio. Chez Cours des Possibles, nous proposons un soutien scolaire individualisé et bienveillant, à domicile à Lyon ou en visio, pour les élèves de la primaire au lycée. Nous portons notamment une attention particulière aux enfants et ados qui présentent des troubles des apprentissages (dys, TDAH…).
Nos enseignant·e·s adaptent rythme, supports et outils à chaque élève, et tiennent compte, le cas échéant, des aménagements en place (PAP, PPS). L'objectif : alléger la charge mentale et redonner confiance.
👉 Faisons le point ensemble : réservez un échange gratuit pour parler des besoins de votre enfant.
Sources
Inserm (2023). Phobie scolaire : effet de mode ou réalité profonde ? Inserm, le magazine n° 55. Lien
Mouren, M.-C., Delorme, R. (2006). Phobie scolaire ou refus scolaire : un concept discuté. Bulletin de l'Académie nationale de médecine, 190(8), 1629-1641. Lien
Heyne, D., Gren-Landell, M., Melvin, G., Gentle-Genitty, C. (2019). Differentiation between school attendance problems: Why and how? Cognitive and Behavioral Practice. Lien
Holzer, L., Halfon, O. (2006). Le refus scolaire. Archives de pédiatrie, 13(9), 1252-1258. Lien
Assurance Maladie. Difficultés psychologiques chez l'enfant : comment être aidé ? ameli.fr. Lien
Assurance Maladie. Difficultés psychologiques chez les jeunes : comment être aidé ? ameli.fr. Lien
Responsable pédagogique
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COURS DES POSSIBLES
Cours des Possibles est une entreprise de soutien scolaire et cours particuliers à domicile (SIRET 97800598100029/ SAP978005981), et une entreprise de soutien scolaire et cours particuliers en ligne (SIRET 94138289700010). Nos accompagnements sont 100 % sur-mesure, un·e élève à la fois.




