Comment aider mon enfant à comprendre les consignes et à les suivre ?
APPRENTISSAGEMÉTHODE
Mathilde
10/22/20267 min lire


Votre enfant bloque devant ses exercices, ou ne fait que la moitié de ce qui est demandé ? Bien souvent, ce n'est pas la leçon qui pose problème, mais la difficulté à comprendre les consignes. Voici ce qui se joue dans sa tête, une méthode en 4 étapes pour les décortiquer, et 3 coups de pouce pour l'aider dès ce soir.
« Il n'a fait que la moitié de l'exercice. » « Il me demande ce qu'il faut faire, alors que c'est écrit ! » « Il a répondu à côté de la question. » Ces situations vous parlent ? Vous n'êtes pas seul·e.
Pourquoi comprendre les consignes demande autant d'effort
Une consigne a l'air courte. En réalité, c'est un petit texte très dense. Il faut le lire, le comprendre, le garder en tête, puis le transformer en actions, dans le bon ordre.
Le ministère de l'Éducation nationale liste les obstacles les plus fréquents : un mot inconnu, une phrase trop longue, des mots-clés non repérés, des étapes qu'on ne sait pas enchaîner (Éduscol, 2016). Beaucoup d'enfants se lancent aussi sans avoir prévu ce qu'ils vont faire.
Le rôle de la mémoire de travail
La mémoire de travail, c'est le « bloc-notes » du cerveau. Elle garde une information quelques secondes, le temps de s'en servir. Pour suivre une consigne, l'enfant doit y garder toutes les étapes pendant qu'il réalise la première.
Or ce bloc-notes est petit, et sa taille varie beaucoup d'un enfant à l'autre. Dans une classe de 7-8 ans, certains ont la capacité moyenne d'un enfant de 4 ans, d'autres celle d'un enfant de 11 ans (Gathercole et Alloway, 2007).
🔬 Ce que dit la recherche
Chez des enfants de 7 à 11 ans, la mémoire de travail verbale est étroitement liée à la capacité à suivre une série d'instructions, surtout quand la tâche dure dans le temps (Jaroslawska et al., 2016). Selon Susan Gathercole et Tracy Alloway, les enfants dont la mémoire de travail est fragile semblent souvent inattentifs, alors qu'ils ont simplement oublié ce qu'ils devaient faire.
C'est particulièrement fréquent chez les enfants dys ou TDAH. Environ 70 % des enfants en difficulté de lecture obtiennent des scores très faibles en mémoire de travail (Gathercole et Alloway, 2007). Ce n'est donc pas un manque de volonté.
Toutes les consignes ne se ressemblent pas
Savoir reconnaître le type de consigne aide déjà à savoir quoi faire. Éduscol distingue notamment :
✱ la consigne simple, qui demande une seule action (même si cette action peut être difficile) ;
✱ la consigne complexe, qui enchaîne plusieurs actions : c'est elle qui provoque le plus d'oublis ;
✱ les verbes qui demandent un geste : souligner, relier, encadrer, compléter ;
✱ les verbes qui demandent une réflexion : observer, classer, justifier ;
✱ les verbes qui demandent de produire du langage : écrire, expliquer, décrire.
En séance, nous observons souvent que tout se bloque quand une consigne complexe contient un verbe de réflexion. C'est la combinaison la plus exigeante.
Une méthode en 4 étapes pour décortiquer une consigne
Cette méthode s'adresse à votre enfant. L'idée : toujours les mêmes gestes, dans le même ordre, jusqu'à ce qu'ils deviennent des réflexes. Au début, faites-la avec lui, à voix haute.
Étape 1 : repérer les mots-clés
Un enfant qui lit vite retient souvent un seul mot, puis se lance. Or l'absence de repérage des mots-clés fait partie des difficultés les plus courantes (Éduscol, 2016).
Premier réflexe, avant même de prendre son stylo : chercher les mots-clés, en trois gestes.
Concrètement :
✱ Surligner (ou entourer) le verbe d'action : c'est ce qu'il faut faire (souligne, calcule, justifie).
✱ Souligner sur quoi porte l'action : « les verbes du texte », « le périmètre du rectangle ».
✱ Encadrer les petits mots qui changent tout : tous, chaque, deux, sans, uniquement, au moins.
💡 À retenir : un verbe = une action. Deux verbes = deux choses à faire.
Étape 2 : trouver l'ordre des actions
Dans une consigne complexe, l'ordre est indiqué par de petits mots : puis, ensuite, avant de, après avoir. Ces connecteurs sont des repères essentiels, mais l'enfant ne les remarque pas toujours (Éduscol, 2016).
Aidez-le à numéroter les actions, au crayon, directement sur la consigne.
Concrètement :
✱ Reprendre chaque verbe repéré et écrire 1, 2, 3 au-dessus.
✱ Repérer les pièges : dans « Avant de répondre, relis le texte », on commence par… relire !
✱ Même chose avec « après avoir » : « Recopie la phrase après avoir corrigé les erreurs » devient 1. corriger, 2. recopier.
L'ordre de la phrase n'est pas toujours l'ordre des actions.
Étape 3 : reformuler avec ses mots
Être capable de reformuler une consigne fait partie des compétences attendues à l'école (Éduscol, 2016). C'est aussi le meilleur moyen de vérifier qu'elle est comprise.
Avant qu'il se lance, demandez-lui de vous expliquer ce qu'il va faire, sans regarder la feuille.
Concrètement :
✱ « Dis-moi avec tes mots ce que tu dois faire. »
✱ « Qu'est-ce que tu vas faire en premier ? Et après ? »
✱ « À quoi ressemblera ton travail quand il sera fini ? »
S'il hésite, ce n'est pas un échec. Vous venez de repérer exactement où ça coince.
Étape 4 : revenir à la consigne pour vérifier
Comprendre une consigne, c'est aussi vérifier à la fin que tout a été fait (Éduscol, 2016). Beaucoup d'enfants s'arrêtent dès que la première partie est terminée.
Prenez l'habitude d'une relecture finale, consigne sous les yeux.
Concrètement :
✱ Reprendre chaque verbe surligné : « Est-ce que je l'ai fait ? »
✱ Vérifier les petits mots encadrés : « J'ai bien relevé tous les verbes ? Donné deux exemples ? »
✱ Cocher la dernière case : c'est fini.
Ce petit rituel évite beaucoup d'oublis.
3 coups de pouce quand votre enfant bloque
Parfois, la consigne résiste malgré la méthode. C'est alors à l'adulte de l'adapter, le temps que votre enfant gagne en assurance. Ces trois gestes sont aussi ceux que nous utilisons en séance.
Une seule action par phrase
Les phrases longues, avec plusieurs idées emboîtées, surchargent la mémoire de travail. Les chercheurs recommandent de raccourcir les instructions et d'utiliser des phrases simples, à la forme active (Gathercole et Alloway, 2007).
Quand votre enfant bloque, reformulez la consigne en phrases très courtes, avec un seul verbe chacune.
Concrètement :
✱ Consigne d'origine : « Après avoir lu le texte, relève les adjectifs qualificatifs et classe-les selon leur genre. »
✱ Version reformulée :
« 1. Lis le texte.
2. Souligne les adjectifs.
3. Range-les dans deux colonnes : masculin et féminin. »
✱ Gardez les mots de l'enseignant·e quand c'est possible (« adjectif », « relever ») : votre enfant apprend ainsi à les reconnaître.
💡 À retenir : reformuler, ce n'est pas faire à sa place. C'est rendre la tâche accessible.
Des étapes 1, 2, 3 à cocher
Une information sortie de la mémoire de travail est perdue : il faut alors tout reprendre. Les chercheurs conseillent de découper les tâches en étapes séparées, soutenues par des aide-mémoire (Gathercole et Alloway, 2007).
Écrivez les étapes sur une feuille ou un post-it, avec une case à cocher pour chacune.
Concrètement :
✱ Une étape par ligne, numérotée, qui commence par le verbe : « 1. Lis… 2. Souligne… 3. Range… »
✱ Votre enfant coche chaque étape terminée : il sait toujours où il en est.
✱ Pour une consigne orale, donnez une étape, attendez qu'elle soit faite, puis donnez la suivante.
Un modèle de réponse
Voir un exemple déjà résolu aide à comprendre ce qui est attendu. Une méta-analyse de 55 études montre que l'étude d'exemples résolus améliore les résultats en mathématiques, surtout quand l'exemple est correct (Barbieri et al., 2023). Chez les 6-10 ans, voir un adulte faire la démonstration aide aussi à mieux retenir une série d'instructions (Waterman et al., 2017).
Faites le premier item avec lui, à voix haute, puis laissez-le faire le suivant seul.
Concrètement :
✱ Pour « Justifie ta réponse » : montrez une réponse type, « Je pense que… parce que dans le texte, il est écrit… ».
✱ Pour un exercice de maths : résolvez le premier calcul en disant chaque étape à voix haute.
✱ Proposez un début de phrase à compléter : « Le personnage est triste car… ».
💡 À retenir : un modèle montre à quoi ressemble la réussite.
Trouver votre propre équilibre
Au début, votre enfant aura besoin de beaucoup d'aide. C'est normal. Les consignes très guidées sont rassurantes pour les élèves en difficulté, mais l'objectif reste l'autonomie (Éduscol, 2016).
Retirez donc l'aide petit à petit. D'abord, vous reformulez. Puis vous l'aidez à repérer les mots-clés. Enfin, il le fait seul.
Si les difficultés durent, parlez-en avec l'enseignant·e. La reformulation des consignes peut faire partie des aménagements d'un PAP (plan d'accompagnement personnalisé). Vous pouvez aussi vous faire accompagner : c'est tout le sens de notre soutien scolaire pour les élèves dys et TDAH, et le travail sur les verbes de consigne fait partie de nos cours particuliers de français.
En résumé
✱ Une consigne mal suivie vient souvent d'une mémoire de travail surchargée, pas d'un manque de volonté.
✱ Une méthode en 4 étapes aide : repérer les mots-clés, ordonner, reformuler, vérifier.
✱ Quand il bloque, adaptez la consigne : une action par phrase, des étapes à cocher et un modèle de réponse.
Avec un peu d'entraînement, votre enfant apprendra à décoder seul ses consignes, et à retrouver confiance face à ses devoirs. 🧡
Besoin d'un accompagnement adapté pour votre enfant ?
Chez Cours des Possibles, nous aidons chaque élève à comprendre ses consignes et à organiser son travail, avec un soutien scolaire individualisé et bienveillant, à domicile à Lyon ou en visio, de la primaire au lycée. Nous portons notamment une attention particulière aux enfants et ados qui présentent des troubles des apprentissages (dys, TDAH…).
Nos enseignant·e·s adaptent rythme, supports et outils à chaque élève, et tiennent compte, le cas échéant, des aménagements en place (PAP, PPS). L'objectif : alléger la charge mentale et redonner confiance.
👉 Faisons le point ensemble : réservez un échange gratuit pour parler des besoins de votre enfant.
Sources
Barbieri, C. A., Miller-Cotto, D., Clerjuste, S. N. et Chawla, K. (2023). A meta-analysis of the worked examples effect on mathematics performance. Educational Psychology Review, 35, 11. https://doi.org/10.1007/s10648-023-09745-1
Éduscol, ministère de l'Éducation nationale (2016). Travailler la compréhension de consignes. Ressources d'accompagnement, Lecture et compréhension de l'écrit, cycles 2, 3 et 4. https://eduscol.education.fr/document/16339/download
Gathercole, S. E. et Alloway, T. P. (2007). Understanding Working Memory: A Classroom Guide. Harcourt Assessment. Lien vers le guide (PDF)
Jaroslawska, A. J., Gathercole, S. E., Logie, M. R. et Holmes, J. (2016). Following instructions in a virtual school: Does working memory play a role? Memory & Cognition, 44, 580–589. https://ueaeprints.uea.ac.uk/id/eprint/81797
Waterman, A. H., Atkinson, A. L., Aslam, S. S., Holmes, J., Jaroslawska, A. et Allen, R. J. (2017). Do actions speak louder than words? Examining children's ability to follow instructions. Memory & Cognition, 45(6), 877–890. https://eprints.whiterose.ac.uk/id/eprint/114311/
Responsable pédagogique
On se retrouve sur linkedin ?
COURS DES POSSIBLES
Cours des Possibles est une entreprise de soutien scolaire et cours particuliers à domicile (SIRET 97800598100029/ SAP978005981), et une entreprise de soutien scolaire et cours particuliers en ligne (SIRET 94138289700010). Nos accompagnements sont 100 % sur-mesure, un·e élève à la fois.




